Si vous êtes avocat et que vous cherchez une formation en transaction immobilière, c’est sans doute que vous vous posez des questions sur cette activité encore peu connue, mais pourtant parfaitement compatible avec notre métier.
Cette compatibilité s’explique par la nature même de l’activité d’avocat mandataire immobilier, qui s’inscrit dans la continuité du rôle de conseil et de sécurisation juridique de l’avocat.
Je vous comprends parfaitement.
J’en suis passé par là.
Aujourd’hui, je pratique cette activité depuis plusieurs années, mais au début, ce n’était vraiment pas simple.
Pourquoi ce n’était pas simple au début
Parce que tout était nouveau et que, comme beaucoup, j’avais pas mal de doutes :
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- J’avais peur de mal faire, et plus largement je doutais de ma propre légitimité à exercer cette activité.
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- Je ne savais pas comment en parler à mes clients
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- Je craignais de manquer de temps pour m’y consacrer sérieusement, alors même que mon activité d’avocat était déjà très prenante.
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- Je trouvais les honoraires indécents par rapport à ce qu’on pratique habituellement : difficile d’expliquer 15 000 € d’honoraires pour une vente, quand on passe des semaines à boucler un divorce à 3 000 €…
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- Et surtout, je ne savais pas par où commencer
Alors je me suis formé.
Et je me suis lancé.
J’ai fait des erreurs.
Beaucoup d’erreurs.
Mais j’ai appris.
Je me suis amélioré, organisé, structuré.
Où j’en suis aujourd’hui
Aujourd’hui, je reçois régulièrement des mandats, que ce soit de la part de mes clients ou même de confrères.
Je fais partie du conseil d’administration de l’AAMTI (Association des Avocats Mandataires en Transaction Immobilière), et je forme désormais d’autres confrères à faire leurs premiers pas dans cette activité.
La formation de l’AAMTI : 3 modules essentiels
Le cycle de formation de l’AAMTI repose sur trois piliers : la déontologie, la rédaction de l’avant-contrat et la valorisation du bien.
La déontologie
Première chose à comprendre : nous ne sommes pas soumis à la loi Hoguet.
Nous ne sommes pas des agents immobiliers.
Et c’est une force.
Notre déontologie est bien plus stricte, et cela nous distingue immédiatement aux yeux des clients.
Avouons le : l’image des agents immobiliers n’est pas toujours flatteuse dans l’esprit du grand public.
Cette confusion entre les rôles alimente d’ailleurs plusieurs idées reçues encore très répandues sur l’activité d’avocat mandataire immobilier.
Nous, avocats, avons une autre carte à jouer.
Dans ce module, on apprend aussi :
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- comment travailler avec un confrère via un co-mandat,
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- comment facturer le client,
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- comment utiliser notre obligation de confidentialité comme un atout stratégique.
La rédaction de l’avant-contrat
L’avocat peut parfaitement rédiger le compromis de vente, ou décider de le laisser au notaire.
Mais dans tous les cas, nous avons un devoir de conseil.
Il est donc essentiel de savoir :
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- lire un compromis,
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- repérer ses failles,
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- distinguer une promesse unilatérale d’une promesse synallagmatique,
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- et surtout, accompagner son client avec pertinence.
La valorisation du bien
C’est souvent le plus gros blocage pour un avocat.
La question de la valorisation du bien est pourtant centrale dans l’activité d’avocat mandataire immobilier et conditionne très directement la réussite du mandat.
On peut passer des heures à lire les textes sur la déontologie ou fouiller le Dalloz sur l’avant-contrat…
Mais valoriser un bien immobilier ? C’est une autre affaire.
Et pourtant, c’est la clé.
Sans estimation juste, pas de mandat.
Si vous sous-évaluez le bien, votre client risque de refuser de signer — ou pire, de vous en vouloir ensuite.
Si vous surévaluez, vous perdrez du temps en visites inutiles, appels, publicité… et donc de l’argent.
Et n’oubliez pas : c’est aussi à partir de cette estimation que vous présenterez vos honoraires de résultat.
Il faut donc être capable de justifier votre analyse.
Est-ce compliqué ?
Oui et non.
Avec de bons outils et une méthode sérieuse, on y arrive.
Moi, j’ai suivi 5 jours de formation intensive pour devenir à l’aise avec la valorisation.
Aujourd’hui, une bonne estimation me prend deux à trois heures, déplacement compris.
C’est tout à fait faisable avec un peu d’organisation.
Aujourd’hui je forme des avocats à la valorisation en tenant compte des spécificités du métier.
Ce n’est pas la formation, le plus dur…
Ce qui est vraiment difficile, c’est de se lancer.

